©Matthieu Salvaing

Oscar Lucien a l’élégance rétro de son patronyme et une belle gueule digne des années folles. Anciennement connu sous le nom d’Oscar Ono, il officie désormais dans sa maison d’architecture et de décoration parisienne, « Numéro 20 ». Oscar joue de sa jeunesse, de son talent et de son imagination, dépoussiérant les conventions classiques pour mieux les mettre à l’honneur.

Architecte d’intérieur de la nouvelle génération, comment appréhendez-vous votre métier ?

D’une manière générale j’appréhende chaque projet comme on écrit une belle histoire, comme un réalisateur qui écrit un synopsis, dirige un décor, une atmosphère. Les lieux re-décorés sont les acteurs.

Je cherche à donner une véritable atmosphère et une ambiance particulière qui interroge et ne laisse pas indifférent. Je suis un conteur qui déroule pour chaque projet, le fil d’une nouvelle histoire en construisant précisément mes décors.

Des collaborations avec de grandes Maisons à la réalisation d’hôtels et de résidences privées, quel est votre fil rouge ?

Mon fil rouge est la recherche des détails et du sens. Je cherche à donner un véritable sens à mes décors et je ne cherche pas la mode ni la tendance. Mon style est subtil et intemporel, préférant les matériaux nobles et les couleurs douces à l’ostentation et l’excès. Il est profond, élégant, sophistiqué et se réfère toujours aux symétries et aux équilibres du classicisme. Jeux de lumières et de matières, jeux de textiles soyeux et de textures précieuses, jeux de surfaces et de miroirs, cache-cache, clair-obscur, le tout, mélange provoqué-provocant sont le fil rouge de mes décors.

Chaque projet est imprégné d’une histoire. Pouvez-vous nous décrypter celle de cet appartement londonien ?

Cet appartement londonien de 200 m2 situé dans un ancien entrepôt de brique du désormais très branché quartier de Shoreditch est celui d’un jeune collectionneur d’art contemporain. Nous avons imaginé ce lieu comme une galerie d’art, ou les objets et les œuvres changent constamment. C’est donc un appartement qui s’exprime différemment en fonction des œuvres, de leurs couleurs, du thème. Un éclairage technique à faisceau professionnel de galerie a donc été intégré au décor.

Nous l’avons également imaginé comme un vaste de lieu de réception chic, sophistiqué mais décontracté à l’image du propriétaire. L’immense sofa arrondi et sa table basse Yves KLEIN constituent une scène « rock’n’roll » avec un symbole rebelle Aigle doré en résine et taggué de l’artiste anglais Jimmy Martin. Une scène ou artiste et jeune gens de l’Est-London discutent, s’amusent et font la fête.

Véritable lieux d’échange et de conversation dans un esprit de salon artistique, plusieurs espaces dans l’espace ont été installés. Ce sont donc trois salons qui constituent le salon – le grand salon, le petit salon et le lit sofa de chez EDRA face à la cheminée.

Maison & Jardin Magazine