Arrêtons nous une minute sur un de ces métiers fascinant : les souffleurs de verre.

Voici une matière qui demande du souffle pour la travailler et la modeler selon nos envies. Derrière cette matière qui peut paraître simple se cache différents styles et tendances.

La verrerie d’art comporte deux grands domaines, chacun riche de plusieurs métiers : la verrerie à chaud, pour donner forme à la matière brute et la verrerie à froid. Dans tous ces aspects, l’artisan met en œuvre un goût affirmé dans le dessin d’art et perpétue des savoir-faire anciens, même si les techniques et les méthodes de travail ont évolué. Spécialiste du verre chaud, le travail du verrier à la main se décompose en plusieurs étapes.

Tout d’abord, c’est la maîtrise des processus de fusion du mélange (de 800° à 1450°) qui permet le travail de mise en forme du verre par soufflage ou par pressage. Le soufflage à la canne peut se faire à l’aide d’un moule ou à main levée.

Si les deux techniques produisent des formes exceptionnelles, il faut avouer que la technique à main levée a quelque chose d’assez impressionnant. Sa première étape est le cueillage : le verrier prélève dans le four une boule de verre en fusion, à l’extrémité d’une canne, tube d’acier chauffé. Après avoir «cueillé», le souffleur ne doit plus cesser de faire tourner entre ses mains sa canne pour éviter que le verre ne coule, puis il roule sur une plaque de métal plane et froide (le marbre) la paraison (quantité de verre nécessaire pour réaliser la pièce souhaitée) afin de centrer le verre, diminuer son épaisseur et refroidir la surface du verre pour lui permettre de supporter un second cueillage de verre. Tournant toujours la canne, le verrier procède ensuite au maillochage, opération qui consiste à bien répartir l’épaisseur du verre en faisant rouler la paraison dans une forme creuse en bois, la mailloche, avant de commencer à la souffler.

En soufflant de l’air à la bouche dans une canne, le verrier introduit de l’air dans la masse de verre afin d’obtenir une forme creuse.  En donnant à sa canne, une position horizontale, oblique ou verticale, le souffleur modèle la forme comme il l’entend : sphérique, ovale ou cylindrique. Avec un mouvement de pendule ou en la faisant tourner rapidement, il utilise la force centrifuge pour obtenir différentes formes.

La pièce terminée est détachée du pontil et mise à l’arche (four) à recuire pour éviter qu’elle ne refroidisse trop brutalement et n’éclate. A froid, le verre est poli pour ôter les imperfections de la surface et lui donner une belle transparence.

Il y a encore de nombreuses techniques et métiers associer à celui de souffleur de verre qui produisent des merveilles qui trônent ensuite dans nos maisons. C’est là que réside la magie du verre qui joue de lumières et de transparence pour captiver le regard…

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