©Christophe Bielsa

Les chemins de traverse mènent souvent à des trésors. Entre Arles et Nîmes, les routes de campagne ondulent entre oliviers, vergers en fleurs, en fruits, et lignes de cyprès. Plus envie d’aller vite. Juste respirer. L’air se fait délicieusement doux et odorant. Sur un promontoire rocailleux se détache Uzès. On devine des murailles, le clocher de l’Evêché, les tours haut perchées.

Un hôtel très particulier.

En fin de journée, les terrasses se réveillent. Dans les galeries d’art qui essaiment et les librairies, se chuchote l’adresse de La Maison d’Uzès. La saison nouvelle est lancée. Dans cette demeure cossue du XVII.me siècle, rénovée avec goût, un hôtel très confidentiel et un restaurant gastronomique étoilé se laissent désirer. Jean-Philippe Cartier, Président de H8 Collection vient tout juste d’en faire l’acquisition. « Ce bijou d’architecture renaissance conte l’histoire passionnante et l’art de vivre inimitable de cette région ». On s’y presse déjà. Heureux ceux qui savent vivre, si bien, si cachés.

Renaissance

Pierres de taille presque blanches. Persiennes grises en camaïeu. Les façades altières se succèdent. L’une plus qu’une autre retient le regard des passants.

Depuis plusieurs années, Uzès n’a de cesse de s’embellir. Sous l’impulsion de la famille de Crussol, le château a fait la fierté de la région, du Moyen-Age au Siècle des Lumières. Le Duc et la Duchesse y vivent encore. Les belles histoires n’en finissent pas. Au XIXème siècle, l’industrie des draps et des étoffes prospère. C’est aux grands bourgeois d’édifier dans le cœur historique de la ville, des demeures d’une élégance rare, dans le dédale des ruelles pavées et des passages voutés. Deux étages, sobres, des lignes sûres, symétriques, de hautes portes-fenêtres, un fronton, magistral. Acquis par la famille Chambon la Tour au début du XVII.me, l’h.tel particulier retrouve ses lettres de noblesse après quatre années de patiente restauration. La beauté de la Maison d’Uzès s’impose sans tapage. Seules les lourdes ferronneries du rez-de-chaussée rappellent qu’à deux pas les évêques jusqu’à la révolution battaient ici la monnaie.

 

Se laisser bercer d’histoire 

Passée la lourde porte en bois, la lumière perce de toutes parts les trois niveaux. Une seule envie, poser ses valises et gravir le théâtrale escalier en pierres.

Les imprimés graphiques des tentures, les coloris francs des canapés et les luminaires contemporains magnifient l’architecture d’origine et ramènent seuls au temps présent. Comme dans une demeure familiale, les ambiances ne sont jamais les mêmes. Les noms des neuf suites inspirent un voyage dans l’histoire des lieux. La Suite Bourgeoise a conservé les plafonds en boiseries peintes et parquets en chêne d’époque. La chambre Fenestrelle entrouvre ses hautes fenêtres sur les toits, avec à deux pas la célèbre Tour du même nom de la cathédrale Saint-Théodorit, le Duché et l’Evêché. Un escalier à vis dont les marches mènent à la Suite Boudoir et Les toits d’Uzès, invite à la dérobade. Si précieuse à la Maison d’Uzès, qui résisterait à la sieste? La promenade en ville attendra.

Le restaurant étoile montante

Entre Provence et Languedoc, la gastronomie à l’envi…

Dans le salon boudoir de la Table d’Uzès et aux beaux jours dans le patio ombragé, peu d’élus, de fidèles connaisseurs, à peine trente privilégiés. Le décor est raffiné mais les conversations se font légères, les confidences suaves tant le service est choisi et la carte délicate.

Laisser imaginer la note de fin, décisive, qui donnera envie de revenir à la Maison d’Uzès.

Le nouveau chef de la Maison d’Uzès se plait à inspirer sa cuisine de féminité, à la recherche d’accords nuancés et c’est là toute sa personnalité. Le foie gras dressé en une sphère parfaite, quasi glacée, se tempère d’une gelée d’hibiscus chaud. La recette révèle à elle seule toute la minutie de son art, son esthétisme et sa générosité. Côté desserts, Christophe Ducros a transmis à son pâtissier Mickael Mathias sa passion pour les essences exotiques. Combava, papaye, kumquat… une pointe d’acidité dans un voluptueux chocolat de la maison Weiss… surtout ne pas percer tout à fait le mystère d’un dessert à venir. En quête du millésime rare… Tous les deux mois, la carte se renouvelle et est Accompagnée d’une proposition inédite de vins. Trois domaines dans le menu Emotion, cinq dans le Classique. En tout 18o références sont jalousement conservées à la cave avec en particulier, une sélection originale de vins du Languedoc. La palette aromatique des cépages, les différentes couleurs et la typicité de ce terroir gagent d’une variété exceptionnelle de dégustation.

Originaire de Valence, Christophe Ducros qui reprend au printemps la cuisine de La Maison d’Uzès, a ses attaches à Sète. Son parcours l’a fait évoluer dans les maisons prestigieuses de La Tour Rose à Lyon (1* Michelin), La Pomme de Pin à Courchevel et récemment à l’Oasis à La Napoule (2* Michelin). Aujourd’hui, il renoue avec sa passion de toujours, celle de la cuisine de son enfance, enracinée. « Nous cultivons l’esprit de la gastronomie de saisons. Elle forge son authenticité dans le respect des produits d’origine. » Ce chef enthousiaste enrichit chaque jour sa cuisine des récoltes de la vallée agricole. Leurs étals débordent de senteurs aromatiques et de couleurs sur la Place aux Herbes située à deux pas.

Sous les voutes romanes le spa

L’eau semble surgir naturellement et offre tous ses bienfaits dans l’intimité des lieux.

Aménagé à fleur des fondations de murailles gallo-grecques, le spa réinterprète les traditions ancestrales du bien-être. Au centre de l’espace, surplombé d’un mur d’eau taillé dans la roche, le bain romain évoque les rituels antiques de la Méditerranée. Au cœur des pierres, retour aux sources du bien être.

www.lamaisonduzes.fr

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