Ancienne élève de Georges Oudot aux Beaux-Arts de Besançon, puis professeur d’Arts Plastiques au Lycée Cuvier à Montbéliard, si Michèle Sauberli travaille désormais une peinture essentiellement abstraite, elle est la preuve que peindre passe avant tout par l’académie. Des fleurs géantes, magnifiques, semblant traverser la toile, jusqu’aux portraits de personnages célèbres, pour arriver à l’art abstrait, cette artiste volontaire est capable de tout.

 

Charnues, brillantes, nimbées de coloris audacieux presque vivantes… pendant une dizaine d’année Michèle Sauberli a surtout été connue pour ses immenses fleurs dont certaines, de 2 m de haut, fascinaient littéralement les amateurs par leur réalisme. Dans un tout autre registre, elle s’exprime à travers des thèmes qui parfois agacent : les corbeaux, les rats, les taureaux… mais cette artiste à la franchise déconcertante n’en a cure et le résultat est frappant par son vérisme. Ces taureaux majestueux, puissants dans leurs mouvements, traduisent la force de la vie et non pas la mort dans l’arène qu’elle a en horreur.

Entre peinture et calligraphie

Toujours en recherche de renouvellement dans son art, voici une vingtaine d’années, Michèle Sauberli rencontre à Paris le calligraphe Irakien Hassan Massoudy et plus tard Xichan Sun, qui l’incite à voyager en Chine.  Ces deux artistes vont apporter un tournant capital  dans sa peinture qui renaît alors dans l’abstrait à travers une sorte de fusion entre la calligraphie arabe et les idéogrammes  chinois. Là encore Michèle Sauberli s’exprime avec toute la force qui l’anime. Le trait est osé, la virulence indéniable, l’académisme auquel elle a été formée donne aux motifs la puissance d’un opéra wagnérien. Une peinture qui traduit le caractère de l’artiste à mi-chemin entre calligraphie et peinture, modernisme et tradition, dans une palette faite de noir et des trois couleurs primaires qui permettent d’identifier son œuvre au premier coup d’oeil. Les couleurs et les textures des œuvres toujours en mouvement, Michèle Sauberli est sans cesse à la recherche d’un équilibre dynamique pour styliser le geste. Si elle décline ses œuvres comme un opéra tragique dans les tons de noir, de rouge… elle s’attache avant tout à bien peindre et plus précisément à donner à ses peintures une indiscutable qualité matérielle.

http://www.michele-sauberli.fr

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