L’exposition « Le verre en mouvement », qui se tient jusqu’au 8 septembre 2019 au Musverre, met en exergue la manière dont les artistes, depuis les années 1980, utilisent le verre pour exprimer le mouvement.

 

Certains ont su saisir ses caractéristiques pour initier, à l’intérieur même de leurs œuvres, des illusions d’optique ; d’autres ont dépassé ses contraintes techniques pour travailler ce matériau comme un médium propre à créer des sculptures animées de mouvement. Certains y ont laissé l’empreinte de leur geste ; d’autres ont exploité ses qualités de transparence pour jouer avec la lumière et l’espace et offrir ainsi une perception sans cesse renouvelée. Certains enfin l’ont animé de vibrations visuelles et sonores offrant des conditions d’interaction inédites avec le spectateur.

L’exposition laisse également entrevoir comment au fil des années le verre a quitté le domaine des métiers d’art pour prendre sa place comme un médium à part entière dans l’art contemporain.

Le verre permet de faire apparaitre ou disparaitre son environnement. Il peut l’éclairer, le réfléchir, le dédoubler, le colorer, le déformer. Paradoxalement, ce matériau presque invisible, riche de possibles, permet un accord profond avec ce qui l’entoure.

Lieu incontournable de la création verrière internationale, le MusVerre est installé depuis octobre 2016 dans un écrin exceptionnel, paré de pierre bleue, à Sars-Poteries, au cœur du bocage avesnois. Offrant 1 000 m² de surface d’exposition, le MusVerre présente une prestigieuse collection contemporaine d’œuvres en verre d’artistes du monde entier et de nombreux « bousillés », objets pleins de fantaisie et de couleurs créés par les verriers de Sars-Poteries entre 1802 et 1937. Le MusVerre vibre au rythme des expositions temporaires et des nombreux événements et ateliers de création.

10/12/07 BLACK

L’œuvre de Josepha Gasch-Muche est composée de milliers de petits fragments de verre extrêmement fins, qu’elle casse en morceaux irréguliers. Elle les fixe ensuite avec précision sur une toile peinte pour obtenir des formes géométriques (cubes). L’inclinaison de ces petites pièces de verre détermine l’effet optique obtenu : le spectateur, en changeant de position, modifiera ainsi l’apparence de l’œuvre. Les innombrables petits fragments captent différemment la lumière et la reflètent ensuite, influencée par les couleurs de l’espace environnant. L’œuvre semble intangible et fluctue entre matérialité et immatérialité et donne l’illusion de légèreté. Par la lumière, certaines formes apparaissent et disparaissent, des angles sont plus ou moins foncés

©Eva-Heyd

BLACK CLUSTER II

L’artiste allemand Julius Weiland utilise des tubes de verre placés dans un moule en plâtre réfractaire. En montant la température du four, il laisse se déformer les tubes qui fusionnent pour ne former qu’un bloc. Le verre a bougé de manière imprévisible et a ainsi déterminé la forme, ce qui conduit l’artiste à accepter ce mouvement figé. La lumière, l’espace et le temps animent l’œuvre et la font vivre.

©J.Weiland

CURVE

L’artiste danoise, Maria Bang Espersen, s’est inspirée des usines de caramel. En utilisant le verre chaud, elle l’a travaillé au bout de la canne en le tirant, le pliant, le tournant et le déformant à plusieurs reprises. Tout le mouvement est repris dans la matière ainsi obtenue formant des sculptures abstraites qui sont ensuite détachées de la canne du souffleur et laissées brutes, montrant la spontanéité du procédé. La lumière vient créer des reflets et donner la réalité aux œuvres.

THREE CIRCLES OF FAMILY

Keiko Mukaïde, artiste japonaise vivant au Royaume-Uni utilise le verre dichroïque pour composer des cercles qui reflètent la lumière et mettent l’espace en couleur. Elle crée une énergie invisible qui donne toute son importance à l’environnement. Les couleurs irisées et changeantes, caractéristiques du verre dichroïque, varient selon la position du spectateur qui perçoit à chaque fois une œuvre différente selon son angle de vue.

©Ph.-Robin

Maison & Jardin Magazine