Au cœur des Alpes, entre la France et la Suisse, Frédéric Taddeï montre que l’art du verre offre une multitude de possibilités, à condition de maîtriser ses techniques ancestrales pulsées par les technologies actuelles.

Fils de maître-verrier et dessinateur depuis le plus jeune âge, Frédéric Taddeï a réalisé son apprentissage à Paris avant de s’installer à son compte en 1986. Le nom de sa société, Artech’Verre, fait référence à sa technique de travail du verre. « Toute création demande du savoir-faire, c’est indispensable, explique-t-il. Les grands artistes, comme Henri Matisse, Marc Chagall ou Alfred Manessier, avaient beau avoir un don, ils utilisaient une technique. »

Imaginer, créer et préserver

Le verrier crée des vitraux contemporains sur mesure et assure la restauration de verres anciens. « Souvent, le vitrail est associé aux églises. Mais il s’agit en réalité d’un dessin transposé sur le verre. Dans mon travail, je m’inspire de la nature magnifique et puissante qui m’entoure : lac Léman, lac d’Annecy, lac du Bourget et les Alpes enneigées. » Si les plombs d’un vitrail doivent être changés tous les 100 ans environ, le dessin est à la merci des intempéries et des inondations. Pour protéger les réalisations sur verre, il place également des vitres de protection. « Je recommande cette installation en particulier pour les verres anciens, pour conserver des traces du passé et le coup de pinceau unique du dessinateur d’origine. »

Frédéric Taddeï réalise également des sculptures en verre et apprécie la grande liberté créatrice qui lui est offerte. « Composé de sable, disponible partout sur la terre et recyclable à l’infini, le verre est une matière formidable à travailler, il a bon caractère. Il se souffle, s’étire, se coule… Joue avec la lumière. Je veux montrer qu’il n’y a pas de limite à la création sur verre. » L’artisan estime qu’une réalisation n’est jamais ratée. « Mon expérience me permet de sculpter des pièces issues de mon imagination. Mais à la sortie du four, il y a toujours une formation inattendue de certains éléments de la pièce. Grâce à cette maîtrise partielle, l’émotion se forme. »

www.taddei-verre.com

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