UN PEINTRE ÉPRIS DE BEAUTÉ

De 1949 à 1952, Daniel Blondeau s’est adonné avec passion à la peinture. Il laisse derrière lui une œuvre prolixe, empreinte d’idéalisme et d’humanisme.

Du dessin à la peinture…

Rien ne prédestinait Daniel Blondeau à devenir peintre. Fils de mineur, il s’illustre très tôt dans le domaine scolaire. Alors qu’il étudie à l’école des Arts et Métiers de Lille, il découvre avec émerveillement les toiles du Palais des Beaux-Arts. Embrassant une carrière d’enseignant, il s’initie au dessin dès 1948. S’ouvrent alors quatre années de travail artistique intense pendant lesquelles il ne peindra pas moins de 28 toiles. Une parenthèse enchantée que Daniel referme pour prendre soin de sa famille. Depuis 2010, Danièle, sa fille, s’attache à faire découvrir l’œuvre de ce père tant admiré. Une démarche profonde qui touche tant par l’honnêteté de celle qui la conduit que par l’humanisme de celui qui se cache derrière.

Un peintre en quête d’absolu

Né au cœur du bassin houiller de Béthune, Daniel Blondeau peint ses rêves d’évasion au soleil. Dans un tableau sobrement intitulé « Noirs », on entrevoit un mineur perdu dans ses pensées, songeant à la vie de l’autre côté de l’Atlantique. L’artiste met en balance le noir poussiéreux qui recouvre les mineurs et le noir éclatant qui habille fièrement la femme africaine. Deux couleurs aussi semblables que différentes pour dénoncer l’asservissement des hommes par le travail ou par l’esclavage. L’ « Appel du large » dépeint à la fois les rêves d’ailleurs de l’artiste, mais également ses rêves d’idéal. À l’opposé de son protagoniste qui semble abattu, oserez-vous franchir les barrières des conventions sociales pour atteindre votre propre quête d’absolu ?

Un artiste avant-gardiste

Peinture réaliste, postimpressionniste ou symboliste : difficile de classer l’œuvre de Daniel Blondeau tant elle peut nous emmener vers différents rivages. Avec un fil conducteur : susciter des questionnements. Avant-gardiste et visionnaire, cet artiste s’est toujours insurgé autant contre la souffrance humaine que contre la souffrance animale. Plus qu’une peinture fantastique, sa toile « Cerf traqué dans un Sous-Bois » est un véritable manifeste contre la chasse à courre. Alors que la mort rôde autour de lui, le cerf se reflète dans la mare en un faon, comme une allégorie de la vie éternelle. Dans la même tendance ésotérique, on se laisse volontiers envoûter par la « Danseuse au clair de lune ». Dans les profondeurs de la nuit, elle entame un ballet nocturne que l’on rêverait de suivre en cadence. Invitation picturale à l’abandon…

Maison & Jardin Magazine