Artiste peintre figuratif, habité par le démon de la curiosité, Michel Verclytte explore depuis plus de quarante ans la peinture à l’huile, l’aquarelle et la sculpture. Marines, paysages, portraits, nus, il se confronte à de nombreux thèmes avec un objectif, presque un graal, la simplification. Il expose régulièrement en Hauts-de-France, en Maine-et-Loire ainsi qu’en Belgique et participe à divers Salons d’Art internationaux.
Vous êtes un artiste peintre figuratif autodidacte. Comment s’est construit votre regard d’artiste ?
Je me suis formé seul, dans les livres et en parcourant les musées à Florence, Saint-Pétersbourg, Moscou, Dublin ou Londres… J’ai eu besoin d’observer les œuvres de très près et de voir les couches de peinture. J’ai aussi appris auprès des maîtres. Le Caravage pour ses contrastes, Vermeer, les maîtres hollandais, les impressionnistes, Rodin, Claudel, Giacometti. Je suis né à Malo-les-Bains, à trois cents mètres de la mer. Ainsi, la lumière, les rivages, le ciel, tout cet environnement m’imprègne encore aujourd’hui.
De quelle manière travaillez-vous ?
Principalement sur croquis, car il n’est pas toujours facile de s’installer pour les grands formats au beau milieu d’un paysage. J’ai conçu un code couleur, je mémorise l’instant et je m’emploie ensuite à le restituer. J’ai également pratiqué la photographie, alors je puise aussi dans ma banque d’images pour les portraits féminins.
Pourquoi cette exigence avec l’aquarelle, notamment le mouillé sur mouillé ?


Pour moi, l’aquarelle est une technique difficile. En effet, le mouillé sur mouillé demande une parfaite maîtrise de l’eau. Cet apprentissage s’inscrit dans la durée et nécessite une pratique régulière. J’ai beaucoup appris grâce à Xavier Swolfs, aquarelliste anversois. Cette technique oblige à rester dans l’instant et à accepter de ne pas revenir en arrière.
En tant qu’artiste peintre figuratif, quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je suis né à 300 mètres du rivage, ce qui m’a marqué profondément. Cet héritage imprègne mon travail. J’aime la mer, les espaces de rivages, la couleur du ciel. Je suis artiste peintre figuratif et également coloriste. J’accorde ainsi une importance primordiale à la lumière. Les canaux de Bruges, Soupirs à Venise, Maulévrier, La Bohalle, le Cap Blanc-Nez… chacun de ces lieux propose des lumières différentes et changeantes. Je reste autant captivé par celles de la Côte d’Opale que par celles des bords de Loire en Anjou.
La figure féminine est très présente dans vos œuvres ?


Je suis très attaché à la défense de la condition féminine. Les atteintes à la liberté des femmes sont insupportables. Les relations hommes-femmes devraient reposer sur le respect et l’amour, non sur des rapports de domination. De plus, ces violences ne relèvent pas seulement de la sphère intime. Elles traversent aussi l’histoire et l’actualité du monde.
Il y a quelques années, j’ai vu un ballet à Odessa. Peu de temps après, la guerre a éclaté. Cette pensée m’a profondément ému lorsque j’ai repensé à ces gracieuses ballerines, désormais sous les bombes. J’ai peint un tableau, Avant-Première, pour leur rendre hommage.
Votre travail d’artiste peintre figuratif évolue vers plus de simplicité. Pourquoi ?
Avec le temps, on comprend que la simplification est essentielle. Trop charger une œuvre nuit à sa lecture. Simplifier est difficile et implique de faire des choix. Il m’arrive de tendre vers la semi-abstraction, mais je n’irai pas plus loin, le naturel reviendrait au galop.
L’idée de démocratiser l’art vous est-elle chère ?
Oui. Je trouve anormal que quelques privilégiés réservent l’art à eux seuls. Mon rêve serait de voir au moins une œuvre d’artiste dans chaque maison, à un prix accessible. Les milliardaires ou les institutions ne doivent pas confisquer la création. Démocratiser l’art revient à redonner l’envie de pousser la porte d’une galerie.

Les commentaires sont désactivés.