Dans l’univers coloré de Ludovic Marcenaro, artiste peintre contemporain, les Martiens côtoient les humains et les canards les drones. Derrière cette légèreté apparente, une inquiétude affleure parfois. Elle prend la forme d’une dystopie douce, entre surconsommation, raréfaction de l’eau et toute-puissance des marques. Ses personnages, eux, continuent de sourire. Ils oscillent entre pesanteur et légèreté.

Vous avez un parcours très riche, du dessin académique au design industriel puis à la communication. Comment cela s’est-il construit ?

J’ai commencé très jeune, avec huit ans de dessin au conservatoire de Rueil-Malmaison, auprès de l’architecte Nicolas Michelin. Cela m’a donné envie de peindre. Ensuite, j’ai travaillé en design produit, au Brésil puis en France. Puis je me suis orienté vers la communication. J’ai exercé au sein d’une agence chez KPMG à La Défense, puis en graphisme, événementiel et signalétique pour des hôtels de luxe. Tout cela a nourri ma manière de regarder, de composer et d’organiser une image.

Quand vous êtes-vous tourné vers la peinture ?

Un artiste peintre contemporain à suivre

Vers 2004. Jusqu’alors, je pratiquais surtout le dessin académique. Par la suite, j’ai ressenti le besoin d’aller vers quelque chose de plus personnel. J’ai beaucoup stocké et beaucoup peint, en parallèle de mon travail. Puis, il y a deux ans, j’ai décidé de me lancer pleinement comme artiste peintre contemporain. Art Confidential m’a accompagné, puis la Maison Cartfé plus récemment.

Votre univers mêle le skate, les flyers, les séries des années 80. Comment ces références nourrissent-elles vos images ?

Je viens de la génération skate, roller et BMX. J’ai toujours aimé les graphismes des planches, des t-shirts et des flyers électro. Je collectionnais ces images, notamment celles de la French Touch et des publicités récupérées en discothèque. Cela m’a construit une culture visuelle expressive et dynamique. Entre 2004 et 2008, je peignais à l’huile et à l’aquarelle. Ma technique a ensuite évolué.

Drones, Martiens, machines futuristes… d’où viennent ces motifs ?

Je m’intéresse aux drones depuis 2005, à l’époque surtout militaires. Aujourd’hui, ils envahissent l’espace public et privé. Mes personnages savent qu’on les observe mais je traite ce sujet avec second degré. Le manque d’eau revient aussi souvent dans mes peintures. J’y représente des éoliennes gonflables ou des machines régénératrices. Je me passionne également pour la conquête spatiale et le design des navettes, jusque dans l’ergonomie des sièges.

Vos personnages semblent évoluer dans une certaine insouciance. Est-ce une ode à la légèreté ?

Un artiste peintre contemporain à suivre

C’est ma manière de respirer. Je peins beaucoup pendant mes périodes de repos. Je pense aux vacances en composant mes toiles. Le canard revient souvent. Il agit comme un clin d’œil, presque une signature. J’aime surtout créer une ambivalence. Je fais coexister l’imaginaire de l’enfance et une critique plus lucide de la société.

En tant qu’artiste peintre contemporain, sur quoi travaillez-vous actuellement ? Et que préparez-vous pour 2026 ?

Je viens d’achever une toile intitulée On the Moon, autour d’une femme astronaute. Le rôle des femmes dans la société m’inspire beaucoup. Techniquement, je travaille l’aérosol pour les fonds, puis l’huile pour les détails.
En 2026, je participerai à un projet sur la relation entre artistes et galeristes. Je poursuis aussi ma collaboration avec Art Confidential, tout en développant de nouvelles séries. Aujourd’hui, mon public va du trentenaire au sexagénaire. Cette diversité m’enrichit beaucoup, en tant qu’artiste peintre contemporain.

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