Maison & Jardin magazine, en visite au jardin de Majorelle©Fondation Jardin de Majorelle Nicolas Mathéus

Le Jardin Majorelle, qui s’étend sur 9 000 m², est l’un des jardins les plus enchanteurs et mystérieux du Maroc. Il est sans cesse transformé pendant quarante ans. Entouré de murs extérieurs il se compose d’un labyrinthe de ruelles entrecroisées. Des bâtiments aux couleurs vives y mélangent les influences Art déco et mauresques. Le peintre français Jacques Majorelle a conçu ce grand jardin luxuriant comme un sanctuaire et un « laboratoire botanique ». 

1919 genèse du jardin de Majorelle

En 1919 le peintre français Jacques Majorelle (1886-1962) s’installe dans la médina de Marrakech qui était alors sous protectorat français. Il achète une palmeraie en bordure de celle de Marrakech en 1922. Sept ans plus tard, il y fait construire la Villa Bousafsaf d’architecture classique marocaine. En 1931, Majorelle fait appel à l’architecte Paul Sinoir pour construire son atelier de style Art déco. Il y aménage une habitation au premier étage et un vaste atelier d’artiste au rez-de-chaussée pour peindre ses immenses décors.

Le bleu Majorelle

Amoureux de botanique, il crée son jardin autour de sa villa. Il le structure le long du bassin central, avec plusieurs ambiances variées. Il est planté d’une végétation luxuriante où se nichent des centaines d’oiseaux. Ce jardin est une œuvre d’art vivante. Il est composé de plantes exotiques et d’espèces rares, que Majorelle rapporte de ses voyages dans le monde entier. Cactus, yuccas, nénuphars, nymphéas, jasmins, bougainvillées, palmiers, cocotiers, bananiers, bambous… En 1937 l’artiste crée un bleu outremer à la fois intense et clair : le bleu Majorelle, dont il teinte son jardin. Majorelle l’ouvre au public en 1947. À la suite d’un accident de voiture, Majorelle est rapatrié à Paris où il s’éteint en 1962. Le jardin est alors laissé à l’abandon.

Depuis de nombreuses années, le Jardin Majorelle m’a fourni une source d’inspiration sans fin, et j’ai souvent rêvé de ses couleurs uniques.

Yves Sain Laurent

Madison Cox transforme le jardin

En 1980, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent en font l’acquisition pour le sauver d’un projet immobilier et lui redonner vie. Ils décident d’y vivre et la rebaptisent Villa Oasis. Pierre Bergé décide de faire don du Jardin Majorelle à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, après le décès d’Yves Saint Laurent en 2008. Le paysagiste Madison Cox redonnera toutes ses lettres de noblesse à ce jardin dans un souci de préservation de l’environnement. Il y introduit de nombreuses variétés de plantes grasses et endémiques. Et il remplace le gazon par du gravier rose aux couleurs de Marrakech.A

A propos de Madison Cox Président de la fondation Jardin Majorelle et de la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent

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Après une enfance en Californie, Madison Cox rejoint New York, en 1977, pour intégrer l’École de Design de Parson. Il vit ensuite en France pendant 12 ans où il poursuivra ses études dans une académie d’art préparatoire avant de réintégrer la branche parisienne de l’École de Design de Parson. En en 1984, il obtient un BFA en Design Environnemental. Madison Cox s’exerce à la fois sur des projets privés et des commissions publiques, dont le Jardin du Printemps au musée Franco-américain du château de Blériancourt, dans le nord de Paris. En 1989, Madison Cox retourne aux États-Unis, où il continue sa pratique de paysagiste à New York. Ses projets l’ont amené en région métropolitaine de New York, à Boston, en passant par la Caroline du Nord, la Floride, la Californie ainsi que dans les îles des Caraïbes, le Maroc et l’Europe. La passion de Madison Cox pour l’univers des jardins s’est étendue également à des conférences et à des visites guidées de jardins en France en Italie, à travers les États-Unis et le Canada. Madison Cox est aussi Directeur Général du Jardin Majorelle et Vice-président des Fondations Pierre Bergé –Yves Saint Laurent à Paris et Jardin Majorelle à Marrakech.

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