J. M. W. Turner (1775 – 1851), Venise : vue sur la lagune au coucher du soleil, 1840, aquarelle sur papier, 24,4 x 30,4 cm Tate, accepté par la nation dans le cadre du legs Turner 1856, Photo © Tate

Cette année, le musée Jacquemart-André présente une exposition rétrospective de Joseph Mallord William Turner (1775-1851). Il est incontestablement le plus grand représentant de l’âge d’or de l’aquarelle anglaise. Turner en exploita les effets de lumière et de transparence sur les paysages anglais ou les lagunes vénitiennes.

La Tate, Royaume-Uni, abrite la plus grande collection de Turner au monde. Grâce à son prêt, le musée Jacquemart-André accueille une exposition de 60 aquarelles et quelque 10 peintures à l’huile. La plupart n’a jamais été présentée en France.

Un legs d’une centaine de peintures à l’huile

Outre ses œuvres achevées destinées à la vente, Turner conservait pour lui-même un fonds considérable d’œuvres. A sa mort, il les laisse dans sa maison et dans son atelier. Avec leur caractère propre, ces esquisses, plus expressives et expérimentales, sont certainement plus proches de sa vraie nature que celles peintes pour le public. Au total, après la mort de l’artiste, la nation britannique en 1856 reçoit un legs immense. Il comprend une centaine de peintures à l’huile, des études inachevées et des ébauches, ainsi que des milliers d’œuvres sur papier : aquarelles, dessins et carnets de croquis.

L’écrivain John Ruskin est l’un des premiers à avoir étudié l’ensemble de ce legs. Il observa que Turner avait réalisé la plupart de ces œuvres « pour son propre plaisir ». Aujourd’hui conservé à la Tate Britain, ce fonds révèle toute la modernité de ce grand peintre romantique. L’exposition dévoile une partie de ce fonds intime qui offre des points de vue uniques sur l’esprit, l’imagination et la pratique privée de Turner.

Un parcours chronologique des oeuvres

Cette monographie évoque le jeune Turner, issu d’un milieu modeste. D’abord autodidacte, il travaille chez un architecte, prend des cours de perspective et de topographie, puis entre à l’école de la Royal Academy à l’âge de quatorze ans. Insatiable voyageur, il s’affranchit progressivement des conventions du genre pictural et met au point sa propre technique.

Un parcours chronologique permet de suivre pas à pas son évolution artistique : de ses œuvres de jeunesse présentant un certain réalisme topographique; aux œuvres de sa maturité, plus radicales et accomplies, fascinantes expérimentations lumineuses et colorées.

Associées ici à quelques aquarelles achevées et peintures à l’huile pour illustrer leur influence sur la production publique de Turner, ces œuvres très personnelles demeurent aussi fraîches et spontanées que lorsqu’elles sont nées sur le papier.

Visite virtuelle de l’exposition : www.musee-jacquemart-andre.com/fr/decouvrez-visite- virtuelle-lexposition

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