La sculpture monumentale contemporaine occupe une place centrale dans l’univers de Christophe Faure Fontenille. Dessinateur, peintre et sculpteur, l’artiste façonne des œuvres uniques où se rencontrent acier, pierre et matériaux recyclés. Entre commandes publiques et créations privées, il explore les notions d’équilibre, d’ancrage et de mémoire, donnant forme aux histoires humaines.


Comment abordez-vous la sculpture monumentale contemporaine pour des projets publics et privés ?
Pour une commande publique, je dois respecter un cahier des charges, un budget, un lieu précis et une orientation architecturale. Le projet d’une école maternelle sera différent de celui d’une place publique ou d’un centre culturel. Surtout, le commanditaire n’est pas nécessairement l’utilisateur.
Pour une création privée, la démarche devient plus intime. La rencontre avec les clients est essentielle. Je prends le temps de découvrir leur environnement, leur parcours et leurs valeurs.
Parfois, j’intègre un objet personnel ou un élément trouvé sur place. Chez un ancien joueur professionnel de rugby, j’ai ramassé une simple pierre. Intégrée à sa sculpture, elle est devenue le symbole de son rôle de pilier, sur le terrain comme dans sa famille.
Comment naît une sculpture contemporaine sur mesure ?
Je m’intéresse avant tout à ce qui se cache derrière les apparences. Je distingue le « Contenant », l’image que chacun donne à voir, du « Contenu », qui rassemble les fragilités, les choix de vie et les liens familiaux.
Chaque œuvre possède sa propre forme, sa couleur, ses dimensions et ses matériaux. Je l’adapte également à son emplacement définitif.
Mes thèmes de prédilection sont l’équilibre, l’ancrage et la place de l’humain dans son environnement. Une sculpture peut raconter l’histoire d’une personne, d’une famille, d’une entreprise ou d’un territoire.
La superposition revient souvent dans mon travail. Nous sommes faits de souvenirs, d’expériences, de réussites et de blessures. J’essaie de traduire ces différentes strates pour révéler ce qui n’est pas immédiatement visible.
Pourquoi privilégiez-vous l’acier dans vos sculptures monumentales ?

L’acier m’offre une grande liberté de création. Il permet de réaliser des formes monumentales tout en conservant une certaine finesse.
J’aime cette dualité. Ce matériau peut sembler lourd et rigide, mais aussi devenir aérien et laisser passer la lumière.
Dans ma sculpture Ancrage, une ancienne borne en pierre stabilise un anneau d’acier. La pierre représente la certitude et l’attachement au lieu. À l’inverse, l’anneau évoque le doute, l’incertitude et la rêverie. Cette association crée une dimension intemporelle et émotionnelle.
Comment les matériaux recyclés trouvent-ils leur place dans votre art ?
Je travaille régulièrement avec des matériaux de récupération, notamment des chutes de métal qui n’ont plus d’usage.
Ce qui était considéré comme un déchet retrouve une valeur artistique. Cette démarche rejoint la philosophie japonaise du wabi-sabi, qui invite à reconnaître la beauté de l’imperfection.
Mon œuvre Les Chatilles colorées illustre cette approche. Des résidus d’acier deviennent une véritable dentelle métallique. Chaque irrégularité participe à l’équilibre et à la beauté de l’ensemble.
Quels sont vos projets de sculpture contemporaine en 2026 ?
Dans le domaine public, je travaille sur un ensemble de trois sculptures destinées à un grand site culturel en Martinique. Ce projet s’articule autour de la civilisation amérindienne.
Parallèlement, quatre de mes sculptures sont exposées en Bourgogne tout au long de l’année 2026.
Je développe également une création privée intitulée Cube Family, qui symbolise une famille recomposée.
Quelle place occupe l’engagement dans votre démarche artistique ?

Je souhaite que mon travail ait aussi une dimension solidaire. C’est pourquoi je tiens à reverser une partie de chaque vente à une œuvre caritative, choisie en accord avec le client.

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